{"id":1012,"date":"2026-05-26T12:56:01","date_gmt":"2026-05-26T10:56:01","guid":{"rendered":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/2026\/05\/26\/lobligation-demploi-des-travailleurs-handicapes-oeth-ce-que-les-entreprises-font-vraiment-vs-ce-quelles-devraient-faire\/"},"modified":"2026-05-26T12:56:01","modified_gmt":"2026-05-26T10:56:01","slug":"lobligation-demploi-des-travailleurs-handicapes-oeth-ce-que-les-entreprises-font-vraiment-vs-ce-quelles-devraient-faire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/2026\/05\/26\/lobligation-demploi-des-travailleurs-handicapes-oeth-ce-que-les-entreprises-font-vraiment-vs-ce-quelles-devraient-faire\/","title":{"rendered":"L\u2019obligation d\u2019emploi des travailleurs handicap\u00e9s (OETH) : ce que les entreprises font vraiment vs ce qu\u2019elles devraient faire"},"content":{"rendered":"<h1>L\u2019obligation d\u2019emploi des travailleurs handicap\u00e9s (OETH) : ce que les entreprises font vraiment vs ce qu\u2019elles devraient faire<\/h1>\n<p>L\u2019<strong>OETH<\/strong>, pour <strong>obligation d\u2019emploi des travailleurs handicap\u00e9s<\/strong>, existe depuis plusieurs d\u00e9cennies. Sur le papier, la r\u00e8gle para\u00eet simple : les entreprises d\u2019au moins 20 salari\u00e9s doivent compter au moins 6 % de travailleurs handicap\u00e9s dans leurs effectifs. Dans les faits, le sujet reste beaucoup plus fragile. En 2024, le taux d\u2019emploi l\u00e9gal des travailleurs handicap\u00e9s dans les entreprises assujetties atteint 5,1 %, un chiffre en progr\u00e8s, mais toujours inf\u00e9rieur \u00e0 l\u2019objectif fix\u00e9 par la loi.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re cette moyenne, une r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9rangeante appara\u00eet : certaines entreprises avancent s\u00e9rieusement, d\u2019autres restent dans une logique minimale, administrative, parfois purement financi\u00e8re. Elles d\u00e9clarent, calculent, paient une contribution, mais n\u2019int\u00e8grent pas vraiment le handicap dans leur culture de recrutement, de management et de maintien dans l\u2019emploi.<\/p>\n<p>La question n\u2019est donc pas seulement : \u201cLes entreprises respectent-elles la loi ?\u201d Elle est plus directe : que font-elles vraiment pour permettre \u00e0 des personnes handicap\u00e9es de travailler, d\u2019\u00e9voluer, de rester en poste et d\u2019\u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des professionnelles \u00e0 part enti\u00e8re ?<\/p>\n<h2>Ce que dit vraiment la loi OETH : le cadre l\u00e9gal en clair<\/h2>\n<p>L\u2019<strong>obligation d\u2019emploi des travailleurs handicap\u00e9s<\/strong> concerne les employeurs priv\u00e9s d\u2019au moins 20 salari\u00e9s. Ces entreprises doivent employer des b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019obligation d\u2019emploi \u00e0 hauteur de 6 % de leur effectif. Lorsqu\u2019elles n\u2019atteignent pas ce seuil, elles doivent verser une contribution annuelle, notamment \u00e0 l\u2019Agefiph dans le secteur priv\u00e9.<\/p>\n<p>Cette obligation ne signifie pas que chaque entreprise doit forc\u00e9ment atteindre exactement 6 % \u00e0 tout moment, poste par poste, service par service. Le calcul se fait \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de l\u2019entreprise, selon des r\u00e8gles pr\u00e9cises, avec une d\u00e9claration annuelle : la <strong>DOETH<\/strong>, d\u00e9claration obligatoire d\u2019emploi des travailleurs handicap\u00e9s. Cette d\u00e9claration est int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 la DSN, la d\u00e9claration sociale nominative, que les employeurs transmettent chaque mois.<\/p>\n<p>Dans le vocabulaire de l\u2019OETH, plusieurs termes reviennent souvent. Les <strong>BOETH<\/strong> sont les b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019obligation d\u2019emploi : personnes reconnues travailleurs handicap\u00e9s via la RQTH, titulaires d\u2019une pension d\u2019invalidit\u00e9, victimes d\u2019accident du travail avec incapacit\u00e9 permanente, b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019allocation adulte handicap\u00e9, titulaires de certaines cartes ou pensions. La <strong>RQTH<\/strong>, reconnaissance de la qualit\u00e9 de travailleur handicap\u00e9, est l\u2019un des statuts les plus connus, mais ce n\u2019est pas le seul.<\/p>\n<p>L\u2019Agefiph intervient, elle, comme acteur central du secteur priv\u00e9. Elle collecte les contributions des entreprises qui ne remplissent pas leur obligation et finance des aides en faveur de l\u2019emploi des personnes handicap\u00e9es : am\u00e9nagements de poste, accompagnement, compensation du handicap, maintien dans l\u2019emploi, soutien aux employeurs et aux salari\u00e9s.<\/p>\n<p>Depuis 2025 et 2026, le sujet s\u2019est durci pour les entreprises qui comptaient sur des m\u00e9canismes d\u2019att\u00e9nuation. L\u2019Agefiph rappelle que, depuis le 1er janvier 2025, l\u2019\u00e9cr\u00eatement, c\u2019est-\u00e0-dire la mesure transitoire qui permettait de limiter la hausse de la contribution OETH, ne s\u2019applique plus. Autrement dit, les entreprises qui n\u2019ont pas structur\u00e9 de vraie politique handicap peuvent voir leur contribution augmenter plus fortement. La logique est claire : la p\u00e9riode d\u2019adaptation touche \u00e0 sa fin, la conformit\u00e9 ne peut plus se r\u00e9sumer \u00e0 un calcul comptable.<\/p>\n<h2>Le tableau de bord r\u00e9el : que font vraiment les entreprises ?<\/h2>\n<p>Les chiffres 2024 montrent une am\u00e9lioration, mais pas une victoire. D\u2019apr\u00e8s la Dares, 111 300 entreprises sont soumises \u00e0 l\u2019OETH et 720 800 travailleurs handicap\u00e9s y sont employ\u00e9s, soit 490 400 \u00e9quivalents temps plein sur l\u2019ann\u00e9e. Le taux d\u2019emploi l\u00e9gal atteint 5,1 %, gr\u00e2ce notamment \u00e0 la prise en compte sp\u00e9cifique des salari\u00e9s \u00e2g\u00e9s de 50 ans ou plus.<\/p>\n<p>Vu de loin, on pourrait y voir une dynamique positive. Et elle existe. Les entreprises parlent davantage de handicap, les r\u00e9f\u00e9rents se forment, les dispositifs sont mieux identifi\u00e9s, la RQTH est moins taboue qu\u2019il y a quinze ans. Mais le chiffre moyen masque des \u00e9carts consid\u00e9rables.<\/p>\n<p>Les grandes entreprises s\u2019en sortent mieux. Les structures de 2 500 salari\u00e9s et plus atteignent 6,4 % de taux d\u2019emploi, tandis que les entreprises de 20 \u00e0 49 salari\u00e9s restent autour de 3,8 %. Cet \u00e9cart dit beaucoup. Les grands groupes disposent souvent de services RH organis\u00e9s, de missions handicap, de r\u00e9f\u00e9rents form\u00e9s, de budgets d\u00e9di\u00e9s, de process de recrutement plus structur\u00e9s. Les petites entreprises, elles, avancent souvent sans m\u00e9thode, sans temps, parfois sans connaissance r\u00e9elle des aides disponibles.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me n\u2019est pas toujours la mauvaise volont\u00e9. Dans beaucoup de TPE-PME, le dirigeant ne sait pas comment adapter un poste, \u00e0 qui s\u2019adresser, comment parler du handicap sans maladresse, ni comment int\u00e9grer une personne dont les besoins semblent, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, difficiles \u00e0 anticiper. R\u00e9sultat : l\u2019entreprise \u00e9vite le sujet. Elle ne refuse pas frontalement, elle contourne. Elle ne discrimine pas toujours ouvertement, elle laisse le doute d\u00e9cider \u00e0 sa place.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e9occupant encore : selon les donn\u00e9es reprises dans le d\u00e9bat public autour des r\u00e9sultats 2024, une part importante des entreprises concern\u00e9es n\u2019emploie aucun salari\u00e9 reconnu handicap\u00e9, tandis qu\u2019une minorit\u00e9 seulement respecte ou d\u00e9passe pleinement l\u2019obligation. Ce point est central, car il r\u00e9v\u00e8le une fracture entre les entreprises qui ont int\u00e9gr\u00e9 le handicap comme un sujet normal de gestion des comp\u00e9tences et celles qui le traitent comme une contrainte ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Certaines pr\u00e9f\u00e8rent payer. Ce choix existe. Il peut \u00eatre assum\u00e9, silencieux, ou simplement subi faute de politique interne. Payer la contribution devient alors une solution de facilit\u00e9 : on coche la case budg\u00e9taire, on \u00e9vite de bousculer les pratiques de recrutement, on ne forme pas les managers, on ne remet pas en question l\u2019organisation du travail. Juridiquement, l\u2019entreprise s\u2019acquitte d\u2019une cons\u00e9quence pr\u00e9vue par le dispositif. Socialement, elle passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du sujet.<\/p>\n<p>Car l\u2019OETH n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e comme une taxe. Son objectif est de faire entrer les personnes handicap\u00e9es dans l\u2019emploi ordinaire, de favoriser leur maintien en poste, de r\u00e9duire les exclusions invisibles. Lorsque la contribution devient une simple ligne comptable, l\u2019esprit de la loi dispara\u00eet.<\/p>\n<h2>Ce que les entreprises devraient vraiment faire : au-del\u00e0 de la conformit\u00e9<\/h2>\n<p>Respecter l\u2019OETH ne devrait pas commencer par un tableau Excel. La premi\u00e8re question devrait \u00eatre : pourquoi notre entreprise recrute-t-elle si peu de personnes handicap\u00e9es, ou pourquoi les salari\u00e9s concern\u00e9s n\u2019osent-ils pas se faire conna\u00eetre ?<\/p>\n<p>Le recrutement est une partie du sujet, mais ce n\u2019est pas tout. Une entreprise peut embaucher une personne handicap\u00e9e et \u00e9chouer compl\u00e8tement son int\u00e9gration. Elle peut atteindre un taux acceptable tout en laissant ses salari\u00e9s s\u2019\u00e9puiser dans des environnements inadapt\u00e9s. Elle peut afficher une politique inclusive et d\u00e9courager, dans les faits, toute demande d\u2019am\u00e9nagement.<\/p>\n<p>Inclure, ce n\u2019est pas seulement ouvrir la porte. C\u2019est organiser les conditions pour que la personne puisse travailler correctement. Cela suppose des fiches de poste r\u00e9alistes, des entretiens sans biais, des managers form\u00e9s, une m\u00e9decine du travail mobilis\u00e9e, des am\u00e9nagements rapides, un dialogue clair sur les besoins sans intrusion dans la vie m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Le <strong>r\u00e9f\u00e9rent handicap<\/strong> joue ici un r\u00f4le essentiel. Depuis la loi Avenir professionnel, les entreprises d\u2019au moins 250 salari\u00e9s doivent d\u00e9signer un r\u00e9f\u00e9rent charg\u00e9 d\u2019orienter, d\u2019informer et d\u2019accompagner les personnes en situation de handicap. Mais dans beaucoup d\u2019organisations, ce r\u00f4le reste mal identifi\u00e9. Le r\u00e9f\u00e9rent existe sur l\u2019organigramme, parfois dans une note interne, mais les salari\u00e9s ne savent pas qui il est, ni ce qu\u2019ils peuvent lui demander.<\/p>\n<p>Dans les entreprises de moins de 250 salari\u00e9s, rien n\u2019emp\u00eache pourtant de d\u00e9signer une personne ressource, m\u00eame sans obligation l\u00e9gale. C\u2019est m\u00eame souvent l\u00e0 que le besoin est le plus fort. Une PME n\u2019a pas forc\u00e9ment une direction diversit\u00e9, mais elle peut former un responsable RH, un manager, un membre du CSE ou un dirigeant \u00e0 la question du handicap au travail.<\/p>\n<p>Les entreprises les plus avanc\u00e9es ont plusieurs points communs. Elles ne d\u00e9couvrent pas le handicap au moment de remplir la DOETH. Elles travaillent toute l\u2019ann\u00e9e sur le sujet. Elles sensibilisent sans infantiliser. Elles parlent de comp\u00e9tences avant de parler de contraintes. Elles associent les salari\u00e9s concern\u00e9s aux d\u00e9cisions qui les regardent. Elles savent qu\u2019un am\u00e9nagement de poste n\u2019est pas un privil\u00e8ge, mais une condition d\u2019\u00e9galit\u00e9 professionnelle.<\/p>\n<p>Elles regardent aussi le maintien dans l\u2019emploi avec s\u00e9rieux. C\u2019est souvent l\u00e0 que tout se joue. Un salari\u00e9 qui d\u00e9veloppe une maladie chronique, un trouble psychique, une limitation physique ou une fatigue invalidante ne devrait pas \u00eatre pouss\u00e9 lentement vers la sortie. L\u2019entreprise peut agir : adapter le poste, revoir les horaires, organiser du t\u00e9l\u00e9travail, modifier certaines t\u00e2ches, financer du mat\u00e9riel, solliciter l\u2019Agefiph, travailler avec le service de pr\u00e9vention et de sant\u00e9 au travail.<\/p>\n<p>La vraie politique handicap ne se mesure pas seulement au nombre de personnes recrut\u00e9es. Elle se voit dans la capacit\u00e9 \u00e0 garder les salari\u00e9s quand leur sant\u00e9 change.<\/p>\n<h2>Et pour les personnes handicap\u00e9es dans tout \u00e7a ?<\/h2>\n<p>Du point de vue des personnes concern\u00e9es, l\u2019OETH peut sembler paradoxale. La loi impose aux entreprises d\u2019embaucher davantage de travailleurs handicap\u00e9s, mais beaucoup de candidats h\u00e9sitent encore \u00e0 parler de leur RQTH. La peur est rationnelle : peur d\u2019\u00eatre \u00e9cart\u00e9 d\u2019un recrutement, de ne plus \u00e9voluer, d\u2019\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 son handicap, d\u2019\u00eatre soup\u00e7onn\u00e9 de demander un traitement de faveur.<\/p>\n<p>La <strong>RQTH<\/strong> est pourtant un droit. Elle permet d\u2019ouvrir l\u2019acc\u00e8s \u00e0 des dispositifs d\u2019accompagnement et de s\u00e9curiser certaines demandes d\u2019am\u00e9nagement. Mais elle ne prot\u00e8ge pas magiquement contre les pr\u00e9jug\u00e9s. Dans une entreprise peu mature, annoncer sa reconnaissance de travailleur handicap\u00e9 peut encore d\u00e9clencher des r\u00e9actions maladroites : inqui\u00e9tude excessive, paternalisme, mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart, doute sur les capacit\u00e9s, frein \u00e0 la mobilit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que la loi montre ses limites. Elle peut fixer un quota, organiser une d\u00e9claration, pr\u00e9voir une contribution. Elle ne suffit pas \u00e0 changer le regard. Or le premier frein \u00e0 l\u2019embauche n\u2019est pas toujours le poste. C\u2019est l\u2019imaginaire associ\u00e9 au handicap : absent\u00e9isme suppos\u00e9, fragilit\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9e, adaptation jug\u00e9e compliqu\u00e9e, productivit\u00e9 questionn\u00e9e.<\/p>\n<p>Ce regard p\u00e8se particuli\u00e8rement sur les handicaps invisibles. Une personne atteinte d\u2019une maladie chronique, d\u2019un trouble psychique, de troubles cognitifs ou de douleurs persistantes doit souvent justifier ce qui ne se voit pas. Trop valide pour \u00eatre aid\u00e9e, trop fragile pour \u00eatre recrut\u00e9e : beaucoup se retrouvent coinc\u00e9es dans cette zone grise.<\/p>\n<p>Face \u00e0 une entreprise non conforme ou peu coop\u00e9rative, plusieurs leviers existent. Le salari\u00e9 peut solliciter la m\u00e9decine du travail, qui joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans les recommandations d\u2019am\u00e9nagement. Il peut s\u2019adresser au r\u00e9f\u00e9rent handicap lorsqu\u2019il existe, aux ressources humaines, aux repr\u00e9sentants du personnel, \u00e0 Cap Emploi ou \u00e0 l\u2019Agefiph selon la situation. En cas de discrimination, le D\u00e9fenseur des droits peut \u00e9galement \u00eatre saisi.<\/p>\n<p>Mais il faut le dire clairement : la charge ne devrait pas reposer uniquement sur les personnes handicap\u00e9es. Ce n\u2019est pas \u00e0 elles de porter seules la p\u00e9dagogie, la preuve, l\u2019\u00e9nergie et le courage. Une entreprise responsable cr\u00e9e un environnement o\u00f9 la demande d\u2019am\u00e9nagement n\u2019est pas v\u00e9cue comme une faveur, mais comme une d\u00e9marche professionnelle normale.<\/p>\n<h2>Pourquoi l\u2019\u00e9cart persiste malgr\u00e9 la loi<\/h2>\n<p>Si l\u2019OETH n\u2019a pas encore produit tous ses effets, ce n\u2019est pas uniquement parce que les entreprises ignorent la r\u00e8gle. La plupart savent qu\u2019elle existe. Le probl\u00e8me est plus profond : beaucoup ne savent pas transformer une obligation l\u00e9gale en pratique manag\u00e9riale.<\/p>\n<p>Il y a d\u2019abord un d\u00e9faut de pilotage. Certaines entreprises d\u00e9couvrent leur situation au moment de la d\u00e9claration annuelle. Elles r\u00e9agissent trop tard, cherchent une solution rapide, commandent une action de sensibilisation, sous-traitent une prestation, puis recommencent l\u2019ann\u00e9e suivante. Ce fonctionnement ne construit rien.<\/p>\n<p>Il y a ensuite une confusion entre handicap et inaptitude. Trop de recruteurs associent encore le handicap \u00e0 une baisse automatique de performance. C\u2019est faux. La plupart des travailleurs handicap\u00e9s n\u2019ont pas besoin d\u2019un bouleversement complet du poste. Parfois, un logiciel, un si\u00e8ge, des horaires ajust\u00e9s, un environnement moins bruyant ou une organisation plus souple suffisent.<\/p>\n<p>Il y a aussi une difficult\u00e9 \u00e0 parler du sujet. Beaucoup de managers ont peur de mal faire, de poser une question interdite, d\u2019\u00eatre intrusifs. Cette prudence pourrait \u00eatre saine, mais elle devient un blocage quand elle emp\u00eache tout dialogue. On ne demande pas \u00e0 un manager de conna\u00eetre le dossier m\u00e9dical d\u2019un salari\u00e9. On lui demande de savoir \u00e9couter un besoin professionnel et de mobiliser les bons interlocuteurs.<\/p>\n<p>Enfin, il existe un d\u00e9ficit de conviction. Certaines entreprises veulent \u00eatre conformes, mais pas forc\u00e9ment inclusives. Elles souhaitent \u00e9viter la contribution, am\u00e9liorer leur image RSE, remplir leurs obligations. C\u2019est un point de d\u00e9part, pas une ambition suffisante. L\u2019inclusion commence lorsque l\u2019entreprise cesse de consid\u00e9rer le handicap comme un sujet p\u00e9riph\u00e9rique et l\u2019int\u00e8gre \u00e0 sa r\u00e9flexion sur le travail r\u00e9el.<\/p>\n<h2>Transformer la conformit\u00e9 en culture d\u2019inclusion<\/h2>\n<p>L\u2019OETH reste indispensable. Sans cadre l\u00e9gal, beaucoup d\u2019entreprises n\u2019auraient jamais ouvert le dossier du handicap au travail. Mais la loi ne peut pas tout. Elle cr\u00e9e une pression, elle fixe une direction, elle sanctionne l\u2019inaction. Elle ne remplace ni le courage manag\u00e9rial, ni la qualit\u00e9 du dialogue social, ni la volont\u00e9 de regarder les pratiques de recrutement en face.<\/p>\n<p>Les entreprises ont aujourd\u2019hui le choix. Elles peuvent continuer \u00e0 g\u00e9rer l\u2019OETH comme une contrainte administrative : d\u00e9clarer, payer, justifier, recommencer. Ou elles peuvent en faire un outil de transformation interne.<\/p>\n<p>Cela commence par des gestes tr\u00e8s concrets : former les recruteurs, rendre les offres d\u2019emploi accessibles, travailler avec Cap Emploi, identifier les postes am\u00e9nageables, cr\u00e9er un canal confidentiel pour les salari\u00e9s concern\u00e9s, donner du temps au r\u00e9f\u00e9rent handicap, associer la m\u00e9decine du travail plus t\u00f4t, suivre les indicateurs autrement qu\u2019une fois par an.<\/p>\n<p>Il faut aussi accepter une v\u00e9rit\u00e9 simple : le handicap n\u2019est pas une exception dans le monde du travail. Il traverse les \u00e9quipes, parfois sans se voir. Il concerne des salari\u00e9s d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents, des candidats comp\u00e9tents, des managers, des ind\u00e9pendants, des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s, des seniors, des personnes en reconversion. Le traiter comme un sujet rare revient \u00e0 ne pas voir l\u2019entreprise telle qu\u2019elle est.<\/p>\n<p>L\u2019OETH pose une obligation. L\u2019inclusion demande une culture. Entre les deux, il y a tout ce que les entreprises font vraiment : leurs choix, leurs silences, leurs efforts, leurs renoncements. C\u2019est l\u00e0 que se joue la diff\u00e9rence entre une conformit\u00e9 de fa\u00e7ade et une politique handicap sinc\u00e8re.<\/p>\n<p>Une entreprise qui respecte l\u2019OETH seulement pour \u00e9viter une contribution reste au milieu du chemin. Une entreprise qui comprend ce que cette obligation r\u00e9v\u00e8le de son rapport au travail, elle, commence vraiment \u00e0 avancer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019obligation d\u2019emploi des travailleurs handicap\u00e9s (OETH) : ce que les entreprises font vraiment vs ce qu\u2019elles devraient faire L\u2019OETH, pour obligation d\u2019emploi des travailleurs handicap\u00e9s, existe depuis plusieurs d\u00e9cennies. Sur le papier, la r\u00e8gle para\u00eet simple : les entreprises d\u2019au moins 20 salari\u00e9s doivent compter au moins 6 % de travailleurs handicap\u00e9s dans leurs effectifs. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":34,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","ast-disable-related-posts":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-1012","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1012","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1012"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1012\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/34"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1012"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1012"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/handysunmonde.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1012"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}